Les “fermes de sites SEO” me font moins rêver qu’avant

Depuis quelques mois, je traîne parfois sur des Discord SEO comme Freudix ou Wizards.

Et il y a un type de message que je vois revenir régulièrement :

“Je revends une quarantaine de sites.”
“Je liquide mon portfolio.”
“Je stoppe le SEO et je revends tout.”

Au début, ce genre de post impressionne forcément.

40 sites.
Parfois 80.
Des tableurs remplis de noms de domaine, quelques revenus Adsense, de l’affiliation, du trafic SEO…

Quand on débute, ça donne presque l’impression que certains ont construit des “machines à cash”.

Mais plus je vois ce genre de messages, plus je me pose une autre question :

Comment ces gens financent tout ça ?

Parce qu’en réalité, derrière les portfolios SEO, il y a énormément de coûts.

Déjà les noms de domaine.

Au début, on voit souvent des promos à 0,99€ ou 1,99€ chez OVH ou d’autres registrars.
Mais après la première année, les prix remontent vite.

Un .fr peut coûter 6 à 8€.
Un .com parfois davantage.

Et quand quelqu’un possède 40 ou 50 sites, même avec des domaines “pas chers”, ça représente déjà plusieurs centaines d’euros par an.

Puis derrière, il faut ajouter :

  • l’hébergement (souvent via des offres “illimitées” comme celles de o2switch ou PlanetHoster)
  • parfois des VPS
  • les outils SEO
  • les contenus
  • les backlinks
  • les abonnements IA
  • les renouvellements
  • les plugins et services divers

Vu de l’extérieur, ça peut sembler énorme.

D’ailleurs, j’avais déjà essayé de détailler cette réalité dans un autre article sur le vrai coût d’un blog personnel et de mes sites.

Et plus j’observe les portfolios SEO, plus je réalise que cette logique devient encore plus impressionnante à grande échelle.

En discutant avec des SEO, j’ai compris une chose importante

Après avoir posé la question sur Discord, plusieurs personnes m’ont expliqué que beaucoup réduisent énormément les coûts grâce à la mutualisation.

Par exemple :

  • un hébergement mutualisé peut accueillir énormément de petits sites
  • certains créent eux-mêmes leurs contenus
  • les backlinks sont parfois faits via leurs propres réseaux
  • les sites sont construits progressivement sur plusieurs années

Et vu comme ça, le modèle devient finalement plus compréhensible.

La plupart ne sortent pas 10 000€ d’un coup.

Ils construisent petit à petit.
Un site finance parfois le suivant.

En réalité, certains portfolios de 40 sites coûtent probablement moins cher qu’on ne l’imagine.

Mais on voit surtout la vitrine du SEO

Là où je pense qu’il existe quand même un énorme biais, c’est qu’on voit surtout :

  • les portfolios
  • les screenshots
  • les revenus affichés
  • les annonces de revente

Mais beaucoup plus rarement :

  • les sites abandonnés
  • ceux qui ne font aucun trafic
  • les projets qui ne remboursent même pas leurs coûts
  • les chutes après les updates Google
  • la fatigue mentale derrière toute cette gestion

Posséder 40 sites ne veut pas dire gagner sa vie avec 40 sites.

J’ai même l’impression que beaucoup de portfolios fonctionnent comme du capital-risque :

  • quelques sites marchent très bien
  • certains stagnent
  • beaucoup restent moyens
  • d’autres meurent complètement

Et parfois, un seul “gros” site porte toute la rentabilité du reste.

Le SEO industrialisé me fait moins rêver aujourd’hui

Au début, l’idée d’avoir des dizaines de sites semblait incroyable.

Aujourd’hui, je vois davantage l’envers du décor :

  • la pression des renouvellements
  • la dépendance permanente à Google
  • les coûts fixes qui s’accumulent
  • les projets abandonnés
  • la lassitude mentale

Beaucoup de sites sont créés rapidement avec des templates, de l’IA et de l’automatisation.

Mais derrière les chiffres, je me demande combien de personnes sont réellement satisfaites du modèle sur le long terme.

Parce qu’à force d’empiler les projets, on peut aussi finir avec une énorme pile de sites à maintenir… sans forcément avoir envie de continuer.

De mon côté, je préfère avancer lentement

Avec peu de moyens, je pense que la meilleure solution reste peut-être de construire un seul projet correctement.

Un site personnel.
Un blog.
Des articles publiés petit à petit.

Sans chercher à lancer 50 projets d’un coup.

Je préfère probablement avoir un site vivant, cohérent et sincère plutôt qu’une immense liste de domaines oubliés deux ans plus tard.

Conclusion

Les fermes de sites SEO continuent de faire rêver énormément de monde.

Et je comprends pourquoi.

Mais plus j’observe ce milieu, plus je réalise qu’il existe aussi énormément de coûts, d’échecs, de fatigue et d’incertitudes derrière les portfolios impressionnants.

Et parfois, voir quelqu’un revendre 40 sites d’un coup ressemble moins à une réussite qu’à une envie de tourner la page.

Catégories : Créer un site web

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